12 juillet 2017

Interview et témoignages du Père Pedro

Voici les liens pour entrer aux interview et témoignages du Père Pedro pendant sa mission en France au mois de Juin 2017 :

 

Lien sur Le Figaro : Le Portrait

Bonjour mon père,

Voici la publication de votre portrait dans Le Figaro (cf. lien ci-dessous).

C’était un plaisir de vous rencontrer et j’espère pouvoir passer à Madagascar voir de plus près l’oasis d’espérance qu’est Akamasoa.

http://www.lefigaro.fr/international/2017/07/10/01003-20170710ARTFIG00174-le-pere-pedro-l-insurge-de-madagascar.php

Bien à vous,

Alexis Feertchak

Journaliste au Figaro.fr

Rédacteur en chef d’iPhilo.fr

0648716150

 

Lien sur France 24

Subject: Lien France 24
http://www.france24.com/fr/video/20170630-madagascar-le-pere-pedro-sinsurge-contre-pauvrete

 

Lien sur Cathobel

http://www.cathobel.be/2017/06/13/a-madagascar-pere-pedro-plus-pres-coeur-pauvres/

http://www.cathobel.be/2017/06/13/a-madagascar-pere-pedro-plus-pres-coeur-pauvres/

 

A Madagascar, père Pedro, plus près du cœur des pauvres

13 juin 2017 par Angélique Tasiaux

A bientôt 69 ans, ce fils de maçon à l’éternelle silhouette de jeune homme peut se targuer d’avoir construit une citadelle imprenable, celle qui met à l’abri du besoin et des intempéries des milliers de nécessiteux à Madagascar, sa terre d’adoption.

La voix décidée, un brin rocailleuse, le geste sec, seule une barbe fournie adoucit la silhouette grande et émaciée. Malgré la fatigue du voyage et des témoignages répétés, il ne se lasse pas de récolter des fonds pour ses protégés, tous ces enfants malgaches auxquels il a promis des matériaux de construction, du riz, mais aussi des médicaments. « A Madagascar, la majorité des gens ne sont pas attachés à la richesse de cette vie. Comme ils vivent avec seulement quelques centimes par jour, ils se sont attachés à ce qui est vraiment important: l’amitié, la joie de vivre, le partage avec le peu qu’ils ont. »

L’indifférence gagne du terrain

Le souci des plus pauvres devrait occuper le premier rôle des citoyens, et en particulier des décideurs politiques. « On ne veut pas voir la réalité et s’engager. Alors, on fuit… On cherche souvent une reconnaissance. Or, en aidant les autres, on s’aide d’abord soi-même. C’est un devoir humain d’aider ceux qui n’ont rien. Si on a du cœur, on commence d’abord à côté de chez soi. Il faut faire le bien là où on vit. La pauvreté est un mal qu’il faut combattre. Il ne faut pas l’idéaliser non plus. » Pragmatique, le lazariste dédouane ses interlocuteurs: « Vous pouvez vivre sans être attachés aux privilèges, capable de partager et de mettre à la disposition de toute la communauté. Il ne s’agit pas de tout donner, mais de participer. Quand nous partirons de cette vie, nous n’emmènerons rien. Il n’y a que la bonté, l’esprit de partage et d’amitié, l’amour partagé qui auront un sens à la fin de cette vie. En Europe, on court derrière le bonheur qui est dans l’avoir et non pas dans l’être. Le dernier gadget ne peut toutefois pas donner la joie de vivre, contrairement à un frère, un ami, un parent, un voisin… Il faut être heureux ensemble et nous entraider, de la manière la plus spontanée mais aussi la plus discrète possible. Le goût du profit gagne du terrain… au lieu de la fraternité, du partage, de l’amitié, de la tolérance entre les peuples et les nations. » Pourtant, l’optimisme l’habite, avec l’espérance « que la peur de l’autre ne l’emportera jamais ». A ceux qui ont « la chance d’étudier, dans un pays qui a des lois sociales », il rappelle de ne pas oublier les pauvres du continent africain.

Une exhortation à l’insurrection

« Insurgez-vous! », son dernier ouvrage écrit en collaboration avec Pierre Lunel, est un appel lancé aux Européens. « S’indigner, c’est la première étape. Ensuite, il faut s’insurger, c’est-à-dire passer à l’acte. La justice est au-dessus des lois, parce qu’il y a des lois qui ont été faites contre les pauvres, afin de préserver la richesse des nantis. On s’est très peu souciés de faire des lois pour que chaque être humain ait le minimum vital. Pourtant, la loi devrait servir le bien commun et public, et non être au service d’une partie des hommes. » La défense de la femme relève également de ses préoccupations. « En Afrique et à Madagascar, la femme n’a pas encore sa vraie place. Courageuse, elle travaille beaucoup et est le socle de la société. Pourtant, elle n’est pas suffisamment respectée et n’a pas assez de responsabilités dans la société publique. Il faudrait lui donner davantage de reconnaissance dans le domaine public, politique et social, parce qu’elle a des capacités et des talents qui peuvent servir l’ensemble de la communauté. A chaque guerre, les soldats commencent par violer les femmes, ce qui est un crime contre l’humanité. »

Un adepte du pape

Avec François, Pedro partage de nombreux points communs, dont celui d’être né de parents immigrés en Argentine ou, encore, d’être un amateur de football. « Personne ne s’attendait à voir le cardinal Bergoglio devenir pape. C’est lui qui doit représenter Jésus pour unir le peuple chrétien, tous les hommes de bonne volonté. Tout de suite, il a mis les points sur les i. Il a séduit et parlé, même aux non croyants. C’est une belle ouverture de notre Eglise envers le monde que nous devons sauver ensemble, croyants et non croyants. » Au fil de ses rencontres en Europe, le père Pedro estime que nombre de ses interlocuteurs aspirent à la réalisation d’« un monde plus fraternel, plus juste, plus solidaire. Les gens ont besoin de faire vivre les fibres de la solidarité et de la fraternité spirituelle ». Parmi tous ses souvenirs, celui des enfants qui partagent le pain reçu pour plus nécessiteux qu’eux est assurément le plus bouleversant. « Les enfants sauveront le monde, parce qu’ils en sont l’avenir. Tout adulte qui n’a pas de compassion a raté sa vie. » La persévérance l’habite au quotidien. « Dieu n’est pas seulement dans les sacrements, Il est présent dans chaque personne qui souffre. Tout est possible pour celui qui aime. Nous sommes tous invités à donner le meilleur de nous-mêmes. Une étincelle divine a été donnée à chacun, sans exception. » Fort logiquement, l’indifférence et l’égoïsme contemporains le déçoivent profondément. « On ne doit jamais profiter d’un autre humain », martèle le père Pedro. C’est en voyant des enfants occupés à trouver leur pitance sur une décharge qu’il a eu un électrochoc, il y a près de 30 ans. Mais ce lieu où l’on abandonne les pauvres à leur survie n’est pas unique. « Il y a d’autres lieux où les gens souffrent: la rue, le marché, la prostitution, mais aussi les gens drogués, ceux qui s’adonnent à l’alcool, les ménages qui se bagarrent et se séparent… Partout, il y a souffrance et il faut amener une parole d’espérance, de courage, de force. » Un manque de confiance criant habite l’Occident et au-delà du continent, parce que « cette maladie est contagieuse. On vit des apparences, dans l’hypocrisie et l’arrogance ». Fort de ces années passées à construire un monde plus juste, les mains dans la pierraille, il s’évertue à lancer un rappel à l’ordre pour un monde
plus fraternel…

Angélique TASIAUX​

Lien sur :  Le Monde Afrique

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/06/12/pere-pedro-l-extreme-pauvrete-est-une-prison-qui-tue-l-ame-et-le-corps_5143261_3212.html

 

ENTRETIEN

Père Pedro : « L’extrême pauvreté est une prison qui tue l’âme et le corps »

Le père lazariste, dont l’association héberge chaque jour à Madagascar 25 000 personnes parmi les plus pauvres, a présenté au « Monde » son nouveau livre.

Propos recueillis par Laureline Savoye et Pierre Lepidi

LE MONDE Le 12.06.2017 à 17h40

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Venu en France présenter son nouvel ouvrage Insurgez-vous ! (Éditions du Rocher), le père Pedro Opeka s’est arrêté dans les locaux du Monde, où il a répondu en direct aux questions des journalistes du Monde Afrique et des internautes, vendredi 9 juin. Ce père lazariste, âgé de 68 ans, a créé en 1989 l’association Akamasoa (« les bons amis », en malgache) afin de venir en aide aux plus pauvres des pauvres, ceux qui tentaient de survivre dans la décharge d’Andralanitra, située à une dizaine de kilomètres du centre-ville d’Antananarivo, la capitale de Madagascar.

En un quart de siècle, son association, nommée à plusieurs reprises (2011, 2013 et 2015) pour le prix Nobel de la paix, a construit 18 villages et est venue en aide à plus de 500 000 Malgaches en leur donnant des soins (chaque village compte une école, un dispensaire, une structure sportive…), des vêtements ou un repas. Elle héberge chaque jour 25 000 personnes.

Avec passion et enthousiasme, cet homme charismatique a expliqué les différentes étapes de son parcours. Il est aussi revenu en détail sur les raisons qui l’ont conduit à mener son combat pour la dignité des plus pauvres. Voici quelques phrases fortes de son intervention :

·         « Il y a toujours une place pour un pauvre à Akamasoa »

« Dans mon livre, je m’insurge contre l’égoïsme, l’indifférence et l’injustice qu’on voit tous les jours. Je ne peux pas m’habituer à voir l’extrême pauvreté, à voir des enfants qui ont la faim au ventre. Je ne peux pas m’habituer à voir une famille vivre dans la rue. On ne peut pas accepter cela. L’extrême pauvreté est comme une prison qui tue l’âme et le corps… »

Lire aussi :   Depuis vingt-cinq ans à Madagascar, le père Pedro aide les plus pauvres sans les assister

« Ma mère disait : “Si un pauvre frappe à ta porte, tu dois l’aider.” Elle était la bonté, le partage. Mon père m’a appris le travail et l’honnêteté. Vers 15-16 ans, j’ai eu envie de suivre Jésus, l’ami des pauvres. »

« Il y a toujours une place pour un pauvre à Akamasoa. On n’a jamais demandé à quelqu’un sa religion, sa race, son origine. Si vous êtes pauvre, que vous aimez vos enfants et que vous voulez sortir de la rue… alors venez : vous avez votre place chez nous ! »

·         « J’ai vu des enfants se battre avec des animaux »

« Lorsque je suis arrivé sur la décharge la première fois, j’ai vu des enfants se battre avec des animaux pour trouver quelque chose à manger. Le soir, je n’ai pas pu dormir et j’ai demandé à Dieu de m’aider. Mais je n’avais pas d’argent… J’y suis retourné le lendemain. Au milieu d’une cabane faite de cartons et de plastiques est née Akamasoa. Je savais qu’il fallait privilégier l’éducation des enfants et surtout leur alimentation. On a coutume de dire qu’un sac vide ne tient pas debout. »

Lire aussi :   La malnutrition dans le sud de Madagascar reste « inquiétante » dans plusieurs districts

« Sur la décharge, j’ai vu des anges. Comment peut-on laisser des anges au milieu des ordures ? Il y avait 800 familles qui vivaient là et tout autour. Dans chacune, il y avait de un à sept enfants morts. Alors, nous avons pris les mères par la main et leur avons dit : “S’il te reste encore un enfant, on va tout faire pour que tu vieillisses à côté de lui.” »

·         « Assister un pauvre, c’est le dominer davantage »

« J’ai rassemblé quelques exclus parmi les plus motivés de la décharge et leur ai dit : “Je ne viens pas vous assister car j’ai trop de respect pour vous.” Assister un pauvre, c’est le dominer davantage. La pauvreté n’est pas une fatalité. Ce sont les hommes, les politiques, les élus et tous ceux qui ont des responsabilités dans la communauté qui l’ont créée. Ce sont des humains qui n’ont pas fait leur rôle et qui ont fait que la société a commencé à se décomposer, à se déchirer et à faire en sorte que tous les liens de solidarité s’effritent, surtout dans les grandes villes. On a perdu la sagesse des ancêtres. »

Lire aussi :   Après la sécheresse en 2016, le sud de Madagascar a été frappé par le cyclone Enawo

« A Akamasoa, les adultes doivent accepter de travailler s’ils veulent rester. Nous avons créé des carrières qui accueillent jusqu’à un millier de personnes. Quand j’ai vu le courage de ces gens-là, j’ai été ébloui. »

·         « Tout commence par un lien de confiance »

« Vingt règles ont été décidées pour vivre ensemble et la première est de ne pas voler. Parce que, quand on se vole les uns les autres, on se décourage et plus personne ne souhaite travailler. Les autres règles concernent la vie en commun comme l’interdiction de drogue, des insultes… »

« Les villageois m’ont donné un pouvoir qui est basé sur la confiance. Quand vous faites le bien autour de vous et que les gens voient que vous êtes honnête, authentique et que vous tenez vos promesses, alors ils sont prêts à vous suivre partout, jusqu’à la mort. Tout commence par un lien de confiance. »

·         « Il faut agir plus vite que le FMI »

« Les aides qui viennent de l’extérieur sont trop lentes. Les grands organismes tels que la Banque mondiale, l’Union européenne ou le FMI [Fonds monétaire international] aident les populations. Mais si aujourd’hui on commence à discuter avec eux, c’est dans trois ans que l’aide sera débloquée. En trois ans, combien de gens vont mourir ? Il faut agir plus vite. »

« A Akamasoa, nous construisons chaque année quinze nouvelles salles de classe, parce que chaque année il y a 500 nouveaux élèves. Il faut oser, se lancer, se risquer à faire le bien. Nous faisons une société où les gens s’entraident, se font confiance et où la ville est propre. »

·         « La messe doit être joyeuse, sinon on s’endort »

« Dieu est amour et il est vivant. Alors on ne doit pas être triste ! Lors de la messe le dimanche matin, on est près de 10 000 pour chanterdanser. Si on était triste, on s’endormirait. Nous avons créé une liturgie où tout le monde participe, les parents, les enfants, les ouvriers. Ce n’est pas un spectacle, mais une célébration de la vie, de l’amour de Dieu, et elle nous donne la force pour la semaine qui vient. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/06/12/pere-pedro-l-extreme-pauvrete-est-une-prison-qui-tue-l-ame-et-le-corps_5143261_3212.html#2k2RR43XaPQDb5w7.99

Lien sur : CNews  / Vent positif

http://www.cnews.fr/magazines/vent-positif/vent-positif-du-10062017-176485

  • Date :10/06/2017
  • Heure :19 h / 20 h
  • Présentateur : Marc Menant

Sujet : Le père Pedro vient présenter son livre « Insurgez-vous ! » édité aux éditions du Rocher.

 

 Lien sur Le Monde Afrique

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/06/09/en-direct-insurgez-vous-l-appel-du-pere-pedro-pretre-des-bidonvilles-de-madagascar_5141524_3212.html

 

COMPTE RENDU

« Insurgez-vous ! », l’appel du père Pedro, prêtre des bidonvilles de Madagascar

Le curé lazariste vit depuis quarante-sept ans sur la Grande Ile. Son association Akamasoa a construit 18 villages et est venue en aide à plus de 500 000 Malgaches.

LE MONDE Le 09.06.2017 à 15h27 •

Né en Argentine de parents slovènes, le père Pedro Opeka est arrivé en 1970 à Madagascar à l’âge de 22 ans. En 1989, il crée l’association humanitaire Akamasoa (« les bons amis », en malgache) pour venir en aide aux plus pauvres des pauvres, ceux qui tentaient de survivre sur la décharge d’Andralanitra, un peu à l’écart de la capitale, Antananarivo.

Le but de ce père lazariste de presque 69 ans est de « sortir ces vivants de l’enfer », mais pas à n’importe quel prix. Sa philosophie : aider sans assister. Près de trente ans plus tard, il a fondé un modèle de société solidaire basée sur le travail et l’entraide.

Avec son livre Insurgez-vous !, le père Pedro signe un manifeste sur les sujets qui lui tiennent à cœur : le combat contre l’indifférence, l’école pour tous, la question des réfugiés, la décadence des politiques, la place des femmes…

Le père Pedro a répondu à vos questions lors d’un Facebook Live.

Pour activer le son, cliquez en bas à droite de la vidéo.

 

Lien sur RCF.fr

L’ÉCHO DES PARVIS

VENDREDI 2 JUIN À 11H30

Prêtre catholique lazariste, le Père Pedro est principalement connu pour sa mission auprès des pauvres de Madagascar. Une vie de mission, avec quelques 18 villages construits. On estime que plus de 500 000 malgaches ont pu profiter des soins apportées par le Père Pedro qui vient de publier « Insurgez-vous » aux éditions du Rocher.

https://rcf.fr/spiritualite/le-pere-pedro-est-bruxelles

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Le père Pedro Opeka mène depuis plus de trente ans le combat contre la pauvreté dans son pays d’adoption, et appelle tous ses semblables à une véritable insurrection face à la misère.

Sa barbe blanche et son œil pétillant pourraient lui donner un air de père noël, rapidement démenti par une poignée de main de camionneur.

Le prêtre lazariste, connu pour ses oeuvres, et notamment l’association Akamasoa, publie un livre en forme d’appel <https://www.editionsdurocher.fr/livre/fiche/insurgez-vous-9782268091747>

avec son comparse Pierre Lunel.

La pauvreté ne tombe pas du ciel !

La pauvreté n’est pas bonne, jamais bonne, assure le père Pedro. Quand on se lève sans savoir si on pourra manger, nourrir ses enfants, on peut devenir malhonnête, par esprit de survie. La pauvreté attaque tout l’homme, corps et âme. Il connaissait déjà la situation à Madagascar, quand la réalité de la misère l’a pris à la gorge. C’était en mai 1989. Intrigué par des fumées, cet Argentin d’origine slovène se rend sur les hauteurs d’Antananarivo, la capitale économique de l’île. Là, hommes femmes et enfants vivent dans une décharge, attendant que les bennes déversent leurs déchets. Devant cette situation apocalyptique, il refuse la fatalité, « la pauvreté ne tombe pas du ciel, assure-t-il, c’est nous qui la créons ». Il réunit les parents et propose un goûter pour les enfants. C’est son premier pas, bien modeste dans un pays qui voit la pauvreté s’aggraver au gré de deux facteurs complémentaires : la croissance de la population et la démission du gouvernement.

Gouvernement démissionnaire

En débarquant à Madagascar, le prêtre s’attaque à une terre où la misère se déploie sans frein. Le gouvernement ne planifie rien, dénonce-t-il. En 2017, il n’y a toujours pas de route ininterrompue qui permette de traverser le pays d’Est en Ouest. Les rues des villes sont encombrées d’abris de fortune bâtis sans permis, les voleurs de terres sévissent, 85% des Malagasy vivent sous le seuil de pauvreté… Le gouvernement se sert et sert ses amis. La corruption encrasse tout l’appareil de l’État.

Les petits pas

Face à une situation aussi dégradée, le père Pedro demeure inébranlablement optimiste. Il voit des initiatives individuelles porter plus de fruits que les chantiers du gouvernement. Partie d’une cabane où l’on distribuait le goûter pour les enfants de la décharge, son association Akamasoa est devenue une ville qui accueille 25.000 habitants, et qui en aide des milliers d’autres. Les écoles de la ville lui demandent régulièrement de prêter son stade. C’est l’une des composantes de la « méthode Pedro » : le sport, comme exutoire et thérapie. « Madagascar est jeune, et le sport est un besoin, pas un privilège ! », assure ce redoutable joueur de football… Le sport évite de tomber dans les pièges de la drogue et de l’alcool qui ravagent la jeunesse de l’île. Face à eux, l’équipe d’Akamasoa applique le tri des hôpitaux de campagne : « Nous sauvons ceux qui peuvent l’être ».

Des milliers de petits miracles

Tout peut changer en 20 ans, dans ce pays qui paraît si profondément enfoncé dans la misère, assure le père Pedro. La moyenne d’âge des Malagasy, 19 ans, lui donne l’espoir de voir le dynamisme l’emporter sur le fatalisme. Il cite l’exemple de Rachoua, une petite fille de la rue, qui grâce au soutien d’Akamasoa, achève ses études d’assistante sociale et qui aide au centre d’accueil de l’association. Beaucoup de salariés de l’association, comme Rachoua, reviennent de loin. On leur a donné leur chance et ils deviennent féconds à leur tour, ils veulent aider et sauver leur prochain. Il y aussi l’exemple, très humble, que donnent les travailleurs qui soutiennent leur famille, comme les carriers qui gagnent un euro par jour en « cassant des cailloux ». Ces signes d’espoirs confortent le père Pedro dans son action, et elle grandit de jour en jour.

Des projets à la pelle

En pleine interview, il est appelé pour l’achat d’un terrain de deux hectares, qui lui permettrait d’agrandir la petite ville d’Akamasoa.

Ce ne serait pas un luxe… Chaque année, elle grossit de 100 maisons et de 10 à 15 classes ! L’association installe aussi des « bornes » où les indigents peuvent se fournir en eau et en électricité. Elle plante aussi de 10 à 30 000 arbres par an. Chaque vendredi, les enfants de l’écoles plantent des arbres, pendant la saison des pluies et nettoient les terrains pendant la saison sèche. Le père Pedro est lui aussi soumis au rythme des saisons, 9 mois dans l’année, il est au côté des Malagasys, les 3 mois restants, il les quitte à regret pour se rendre en Europe, où il lance son leitmotiv : « Ras-le-bol des réunions, agissez<https://www.perepedro.com/fr/espoir.php> ! ».

 

Lien sur Aleteia.org :

https://fr.aleteia.org/2017/06/04/pedro-le-pretre-insurge-de-madagascar/

 

Lien sur rts.ch

https://www.rts.ch/play/radio/entre-nous-soit-dit/audio/pere-pedro-insurgez-vous?id=8627833

La 1ère  – Entre nous soit dit

animé par Mélanie Croubalian  – 31/05/2017  –   20h03

Père Pedro, « Insurgez-vous ! »

Né dans une banlieue de Buenos Aires, Pedro Pablo Opeka apprend le métier de maçon avec son père. A 15 ans, il choisit d’entrer au séminaire chez les Pères lazaristes. Un premier contact avec Madagascar en 1970, puis une mission en 1989, lui font prendre la mesure de la misère des familles qui survivent dans les décharges de la capitale. Il fonde alors l’association Akamasoa: à ce jour, 6’000 maisons bâties, 12’000 enfants scolarisés, des milliers de personnes soignées.
Dans « Insurgez-vous! », écrit avec Pierre Lunel (éditions du Rocher), il se livre sur des sujets qui lui tiennent à cœur: l’école pour tous, les réfugiés, la guerre sainte et la mort, la décadence des politiques, la place des femmes, la démocratie.
Père Pedro est aujourd’hui l’invité de Mélanie Croubalian.

 

Lien sur RCF.FR

https://rcf.fr/spiritualite/temoins-de-la-foi/un-pretre-aux-peripheries-le-pere-pedro-opeka-est-en-visite-en-france

Un prêtre aux périphéries – Le Père Pedro Opeka est en visite en France

Présentée par Stéphanie Gallet

RCF / LE TEMPS DE LE DIRE

LUNDI 29 MAI À 9H03

DURÉE ÉMISSION : 55 MIN

© Par Schaeffelse/CC BY-SA 4.0 – 20 avril 2014, Père Pedro Opeka, office dominical à Akamasoa (Madagascar)

Il est en France pour faire connaître son action. Le P. Pedro Opeka poursuit à Madagascar une œuvre de missionnaire, partageant la vie des plus pauvres et les aidant à sortir de la misère.

Tout au long du mois de juin 2017, il parcourt la France pour faire connaître son action au service des pauvres de Madagascar. A près de 70 ans, le Père Pedro Opeka, un homme de la trempe de l’abbé Pierre ou de Mère Teresa, est un bâtisseur de paix. « Je suis un parmi les 100.000 missionnaires catholiques dans le monde qui tenons la flamme de l’espérance, de la foi et de l’amour. » Depuis 47 ans il est à Madagascar, pays souvent oublié des grandes puissances, mais dont « on ne se rend pas compte de l’envergure de la pauvreté », dit-il. Avec Pierre Lunel, le Père Pedro vient de publier « Insurgez-vous! » (éd. du Rocher). Un ouvrage au titre fort pour réveiller les consciences.

« La pauvreté ne tombe pas du ciel, elle est produite par les humains« 

 

©RCF – 29 mai 2017, le Père Pedro Opeka, invité de Stéphanie Gallet sur RCF

 

UN TOIT, UN TRAVAIL ET DE L’ÉDUCATION

 

Début mars, un cyclone, le cyclone Enawo, a de nouveau frappé le centre et l’Est de l’île de Madagascar. « Il a fait beaucoup de dégâts, témoigne le Père Pedro, dans mon village, 200 familles ont tout perdu à cause de la montée des eaux. » Mais ce n’est pas contre la nature que le prêtre se « met en colère » mais « envers les hommes, ceux qui dirigent le pays ». « La pauvreté ne tombe pas du ciel, elle est produite par les humains. »

En 1989, le Père Pedro a fondé l’association AkamasoaDepuis sa création elle est venue en aide à 500.000 Malgaches. 4.000 maisons ont été construites et 25.000 personnes habitent dans ces villages, qui comportent désormais des écoles, des dispensaires mais aussi des lieux de travail. Car c’est sur ce triptyque, « Un toit, un travail et de l’éducation » que s’appuie le combat du prêtre lazariste.

TÉMOIN DE L’AMOUR DE DIEU

Venu d’Argentine, ce prêtre de la congrégation de la Mission, ou lazariste, a été envoyé à Madagascar en 1975. Pendant 14 ans, il y a été curé de paroisse. Et en 1989, il a rencontré les habitants de la décharge de la capitale. Un véritable choc. Depuis, le prêtre s’est s’engagé aux côtés de ces familles qui vivent dans les ordures. Son objectif: les aider à sortir de cet enfer et à reconstruire leur vie. Plus de 25 ans plus tard, son œuvre est formidable. Des milliers de familles ont quitté la ville, ses trottoirs et ses décharges, pour construire de nouveaux villages.

©Page Facebook Les Amis du Père Pedro

BIBLIOGRAPHIE

Insurgez-vous!

Père Pedro, Pierre Lunel

éd. Du Rocher (2017)

 

Lien sur l’ Interview sur Europe 1

Europe 1  / Europe 1 week-end

  • Date :27/05/2017
  • Heure :07:44:01
  • Durée :00:07:27
  • Présentatrice : Wendy BOUCHARD

Sujet : L’invité – Le Père Pedro Opeka, fondateur d’Akamasoa, est connu pour le combat qu’il mène au quotidien contre la pauvreté à Madagascar. Itw en plateau de ce dernier. L’ouvrage « Insurgez-vous ! » du père Pedro et de Pierre Lunel, vient de paraître aux éditions du Rocher.

http://www.europe1.fr/emissions/linterview-verite-du-week-end/pere-pedro-il-faut-sinsurger-avec-lamour-et-le-coeur-3342914