3 septembre 2015

Introduction

L’Association Humanitaire AKAMASOA a été créée en 1989 pour venir en aide aux personnes pauvres d’Antananarivo, qui vivaient sur la décharge d’Andralanitra et dans les rues de la capitale. Son but était de sortir ces personnes des lieux inhumains où elles vivaient, afin qu’elles mènent une vie humaine dans la dignité. Dès le début, nous étions convaincus que cette dignité était inséparable de trois choses : un toit, un travail, une éducation. Il était inenvisageable aussi que ces personnes ne vivent pas dans un environnement décent et qu’elles n’aient pas accès aux soins.

 

Nous avons commencé notre travail aux côtés des pauvres ; nous n’étions pas en mesure de leur offrir matériellement ce dont ils avaient besoin ; nous voulions les sortir de leur enfer car nous étions persuadés qu’aucun être humain ne mérite de vivre dans de telles conditions. Nous Décharge d'Andralanitraavions cette conviction, et la foi en la possibilité d’un avenir autre, meilleur, pour cette population délaissée. Nous étions aussi convaincus qu’une aide pérenne ne peut être apportée seulement de l’extérieur, et que c’est le changement de la personne humaine en la faisant sortir de ses anciennes habitudes qui doit être opéré : nous voulions aider sans assister. C’est pour cela que si nous avons travaillé pour les pauvres, cela s’est toujours fait avec eux, à leurs côtés, en les aidant à construire des structures – écoles, lieux de travail, dispensaires – à l’intérieur desquelles ils pourraient eux-mêmes reconstruire leur vie, et préparer l’avenir de leurs enfants.

 

Nous avons choisi d’œuvrer au côté de ces personnes qui vivaient dans la misère. Il fallait trouver du travail, et quitter la décharge où elles avaient établi demeure. Nous pensions que le travail et la campagne pouvaient les guérir et les faire échapper au cercle de désespérance, de mendicité, de délinquance et de criminalité auquel elles semblaient vouées : avec quelques familles désireuses de s’en sortir, nous sommes partis à la campagne, à 60 km au nord d’Antananarivo, pour travailler la terre et constituer des communautés solidaires. Il fallait s’éloigner de la capitale, des promesses illusoires de la ville, de l’enfer de la décharge ; retrouver la vie.

 

Ensemble, avec ces personnes, nous avons construit les maisons dans lesquelles elles allaient vivre. Des maisons en bois d’abord, puis en dur. Des écoles ensuite. Nous avons organisé notre premier village.

 

Aujourd’hui, après 26 ans de combat, notre association AKAMASOA est venue en aide à 500 000 malgaches3 000 maisons ont été construites, et 25 000 personnes habitent dans nos villages. Chacun de ces villages comporte des écoles, un dispensaire et des lieux de travail pour les adultes : carrière, maçonnerie, menuiserie, agriculture, artisanat. 12 162 enfants sont scolarisés dans nos écoles. Et en 2004, notre association a été reconnue d’Utilité publique par l’Etat, ce qui entérine la nécessité de sa présence et de son action dans le fonctionnement social général de l’Ile.

 

Nous sommes fiers des réalisations, mais nous savons aussi qu’il est impossible de se reposer sur les acquis. La lutte est quotidienne, qu’elle concerne les problèmes de chacun de nos villages, ou bien les personnes pauvres qui continuent de venir demander l’aide d’AKAMASOA, et que notre Centre d’Accueil a recensé au nombre de 38 000 personnes pour l’année 2014, ayant reçu une aide temporaire d’urgence : repas, vêtement, couverture, savon.

 

Depuis un quart de siècle, en effet, nous n’avons pas constaté d’amélioration des conditions de vie de la population malgache. Au contraire, à ce jour, 9 malgaches sur 10 vivent avec????????????? moins de 1,5 $ par jour, en-dessous du seuil de pauvreté tel qu’il a été défini par la Banque Mondiale. Notre combat est plus nécessaire que jamais : nous le continuons, encouragés par les réalisations passées, indignés par la pauvreté qui s’accroît autour de nous, convaincus que l’on peut faire reculer cette pauvreté à condition de mettre en place des structures durables et solides :

 

  • – Des Centres d’Accueil pour recevoir les gens de la rue et leur fournir une aide temporaire d’urgence (repas, vêtements, soins).
  • – Des Logements pour les familles pauvres.
  • – Des Ecoles pour scolariser les enfants, de la crèche à l’université, ainsi que des Centres de formation professionnelle.
  • – Des Dispensaires pour permettre l’accès aux soins.

 

Dans les chapitres qui suivent, vous trouverez une présentation de ces différentes structures : leur but, leur fonctionnement. Vous pourrez ensuite vous reporter aux Rapports d’Activités annuels, pour trouver des chiffres sur l’activité de ses structures (nombre de maisons construites en un an, nombre de personnes accueillies, nombre de malades soignés, etc.).