3 septembre 2015

Les facteurs de viabilité

Facteurs internes

 

La discipline et la citoyenneté :

 

La discipline à suivre à Akamasoa s’appelle la Dina, une convention élaborée par les habitants eux-mêmes (pas de drogue, pas d’alcool, pas de jeux et pas de prostitution), mais elle est souvent difficile à appliquer, la vie restant trop dure pour beaucoup.

Chaque samedi matin nous réunissons tous les services de sécurité permanents qui représentent une cinquantaine de personnes pour faire l’état des lieux de chaque village en ce qui concerne les vols, les fugues des enfants dans les rues de la ville, les bagarres, les viols, les violences conjugales et autres atteintes à l’ordre public.

 

Par ailleurs, les équipes d’Akamasoa sont en permanence présentes pour la population et accordent énormément de temps au soutien moral et psychologique de chaque individu. Beaucoup de temps est accordé pour soutenir et écouter chaque problème et chaque détresse.

 

Eucharistie

L’animation spirituelle a joué également un rôle très important dans l’éveil de leur courage et dans la prise de conscience de leur responsabilité au sein de la famille et de la société.

 

L’Eucharistie du dimanche a pris une dimension très importante avec la participation massive des enfants, des jeunes et des adultes, environ 7000 personnes se réunissent chaque dimanche au stade couvert de Manantenasoa. Mais ce rassemblement devient aussi international, puisque beaucoup de frères et sœurs touristes viennent découvrir ce moment formidable et inoubliable et se recueillir.

Messe KTdrale

Durant chaque Eucharistie, les adultes participent à l’offrande et amènent la parole de Dieu à l’autel ; des milliers d’enfants préparent chaque semaine de nouvelles danses et font de chaque célébration un moment très beau et très émouvant.

 

La gestion de l’association :

 

517 personnes, vouées à l’association et désireuses de faire le bien, sont salariées d’Akamasoa. Une équipe dirigeante gère, avec le Père Pedro, l’Association, et la plupart des professeurs, instituteurs, médecins, ingénieurs, techniciens participent aussi à l’encadrement des différentes activités. Elles réalisent chaque jour un travail immense, c’est un vrai combat. Nous essayons chaque année de relever le défi et d’être plus performants sachant que la perfection est un objectif dur à atteindre, mais nous travaillons pour cela.

 

En 2011, nous avons créé un Fokontany spécifique pour l’Association, lequel représente un ensemble de différents quartiers. Les résultats de ce Fokontany sont positifs. La gestion est sérieuse, il y a moins de vols, moins de bagarres, moins de fugues d’enfants ; on peut dire qu’il y a une véritable coopération de travail entre les gens de sécurité d’Akamasoa et le chef du Fokontany.

 

Facteurs externes

 

Au plan national, le statut « Reconnaissance d’Utilité Publique« , délivré en 2004, exonère l’Association des droits et taxes à l’importation de l’aide alimentaire, et des dons humanitaires venant de l’extérieur. En outre, l’Etat prend en charge une partie (39 sur 411) du salaire des enseignants, ainsi que celui de médecins.

 

Depuis avril 2010, Akamasoa, avec ses propres ressources, doit fournir le riz et les légumes pour les enfants de l’école primaire. Nous sommes aidés, grâce à Dieu, par nos amis de Slovénie (Centre Missionnaire de Ljubljana) et d’Australie (Sydney French Roman Catholic Charities) qui ont été sensibles à ce problème majeur. Grâce à eux et à l’Association, les enfants sont moins tentés de fuguer ou d’aller en ville pour trouver d’autres moyens de subsistance. L’aide slovène, au départ prévue pour 3 ans (jusqu’en 2013 donc), a été heureusement reconduite pour 3 ans, c’est-à-dire jusqu’en 2016.

 

Nous sommes néanmoins inquiets pour l’avenir car nous n’avons pas de vision ni de garantie sur la continuité des aides extérieures internationales.

 

Pour répondre aux besoins permanents, et de plus en plus fréquents, des vieillards sans ressources, des femmes et des enfants abandonnés, ainsi qu’aux secours d’urgence sollicités par les démunis venant de la ville d’Antananarivo et des alentours du village Akamasoa, Contact2nous devons trouver d’autres ressources alimentaires nouvelles. Cela devient très lourd pour Akamasoa d’acheter des centaines de tonnes de riz et d’haricots par an, afin de les redistribuer à chacun d’entre eux. Sans cette aide, tous ces démunis tomberaient dans une situation dramatique où la violence et les vols augmenteraient de façon considérable !

 

Akamasoa a encore beaucoup à faire pour atteindre l’objectif d’autofinancement total, pour notamment rémunérer convenablement le travail de nos salariés. La vie des familles, ici, reste toujours précaire c’est pourquoi, notre association a encore besoin de financements externes et de dons en nature : aide alimentaire, médicaments, outils de travail, vêtements, etc., que nous accordent si généreusement, tant de bienfaiteurs, personnes anonymes, ONG étrangères, associations, et quelques bailleurs nationaux.