Category Archives: Non classé

Les élèves du Père Pedro

Mardi 26 janvier, accompagné de Mlle Clara qui prenait des photos, je suis monté au 4e étage de l’école primaire d’Andralanitra, afin de voir l’endroit où les camions déversent leurs ordures et où en étaient les travaux entrepris dernièrement par la société responsable des ordures (Samva) pour résoudre ce problème d’accès à la décharge et de déversement des déchets face à notre école, qui a produit tant d’odeurs nauséabondes pour nos élèves ces dernières semaines.

En passant à côté des 3 classes de 8e, je n’ai pas pu résister à l’envie de rentrer saluer les enfants qui à travers les fenêtres me saluaient déjà de la main. L’instant où je suis entré dans une classe, les enfants se sont levés en disant « bonjour mon père, bonjour Mlle », tout cela avec un grand respect et une grande joie. Les institutrices les ont ensuite fait asseoir et ils nous ont remercié pour la visite que nous leur rendions.

J’avais devant moi des visages illuminés par la joie d’étudier, des yeux qui manifestaient une grande soif d’apprendre, et en même temps la joie d’être visités et encouragés. Sur le tableau noir, il y avait une leçon de géométrie et de mathématiques, et, de l’autre côté, une leçon de SVT sur les dents. J’ai demandé si quelqu’un voulait bien lire en français le texte sur les dents, et immédiatement des dizaines de mains se sont dressées. L’institutrice a donné la parole à 1 garçon et 2 filles pour lire ce texte et ils l’ont lu avec beaucoup de sérénité, sans aucune gêne, et une bonne prononciation. Puis toute la classe a lu un autre texte en français sur une jeune fille malade, du nom de Céline. Personnellement, j’étais déjà surpris qu’à l’âge de 9 ans, des enfants comprennent si bien le français, qui reste pour eux une langue étrangère.

Voyant cet enthousiasme et cette envie d’apprendre, cet état d’esprit plein de sérénité, de bonté, devant ces yeux assoiffés d’instruction et de progrès, je me suis demandé comment il était possible que ces enfants de la primaire changent si vite quand ils arrivent au collège. Les enfants que j’avais devant moi étaient des enfants vrais, qui croyaient à leur futur et aux paroles de leur institutrices. On sentait entre eux un grand respect et une grande discipline régnait dans la classe, qui comptait pourtant 68 enfants, assis par trois sur des tables-bancs faites pour deux, dans une salle de 6m par 7, soit 42m2. Et pourtant, malgré cette relative exiguïté, tout le monde était très à l’aise et très respectueux de ses camarades.

Je les ai remerciés et encouragés à continuer dans cet état d’esprit, leur disant : vous êtes l’espoir de Madagascar, vous êtes l’espoir d’Akamasoa, et ils ont répondu avec un grand sourire et de grands applaudissements.

Quand on voit ces enfants, dans quel état d’esprit ils sont, on se dit que ce pays a toute l’espérance devant lui ; mais on se demande aussi pourquoi, depuis si longtemps, pour ma part après 46 ans de présence à Madagascar, ce pays s’enfonce continuellement dans la pauvreté.

Et la question se pose d’abord au niveau des enfants, et de l’éducation. C’est ce que je disais à Mlle Clara en sortant de la salle classe: tu vois quelle beauté a cette classe où l’on voit des enfants désireux d’apprendre, heureux de s’instruire ; pourquoi donc changent-ils après, une fois qu’ils grandissent ? C’est une grande question que l’on continuera d’explorer avec nos 350 éducateurs et instituteurs.

Père Pedro

La pharmacie d’Andralanitra, par Père Pedro

Mardi 26 janvier, je suis passé voir les enfants à la maternelle d’Andralanitra, alors qu’ils se reposaient, entre 2 et 3 heures de l’après midi, comme on le voit sur la photo, et qu’ils dorment comme des petits anges sur des nattes, sous le regard de l’institutrice.

Au retour, j’ai vu la pharmacie centrale d’Akamasoa, où Mlle Honorine, la 1ère responsable, était en plein travail. Je n’ai pas pu m’empêcher de prendre quelques photos de son travail si beau, si organisé et soigné dans la façon qu’elle a d’arranger tous les médicaments par catégories. J’ai vu là aussi Mlle Véronique, qui la seconde, Mme Baoly et Pierre notre étudiant de 3e année en médecine, à Majunga, qui, avec beaucoup de joie, vient apporter un coup de main lorsqu’il est en période de vacances, et profite en même temps pour se familiariser avec les médicaments et la façon de gérer une pharmacie.

Je suis heureux de voir ces jeunes du pays qui prennent si au sérieux leurs responsabilités et leur travail de bien gérer ces médicaments qui vont sauver des vies humaines. D’abord, de les gérer en conscience, c’est-à-dire de ne pas ranger une partie et de cacher l’autre pour faire de la corruption et des ventes illicites. Ensuite, d’aimer les choses bien organisées, afin de vite trouver les médicaments lorsqu’on en a besoin, et en même temps de soigner la propreté de leur pharmacie. C’est souvent avec plaisir que j’invite des médecins, de passage à Akamasoa, à regarder cet état des choses, comment des responsables de la pharmacie répondent avec responsabilité et hauteur à la confiance qui leur est faite.

Un proverbe malgache dit : soa fianatra, tout ce qui est beau, on peut l’imiter. C’rst par ce qui est beau, vrai et juste, qu’on s’encouragera les uns les autres à sortir de cette grande corruption qui existe au niveau national dans le domaine de la santé. L’Union Européenne, il y a moins deux semaines, a fait une critique même pas voilée en disant que beaucoup de médicaments ne sont pas gérées de façon à être à la portée de la population qui souffre de nombreuses maladies, et qui traîne à se faire soigner, car l’accès aux médicaments , pour beaucoup de citoyens, reste inaccessible.

Mlle Honorine, notre responsable santé, va souvent dans tous les dispensaires et CSB II Akamasoa, voir comment les médicaments sont gérés, organisés et distribués aux malades. Distribués surtout, car chaque malade participe avec une caisse maladie à l’acquisition de ces médicaments.

Je pense que voir une pharmacie si bien rangée et si bien gardée donne du courage et de l’espoir pour les malades.

Père Pedro

La route de la décharge d’Andralanitra – URGENCE !

A l"intérieur de la décharge, les camions pataugent dans la boue, juste en face de l'école primaire d'Akamasoa Andralanitra

A l »intérieur de la décharge, les camions pataugent dans la boue, juste en face de l’école primaire d’Akamasoa Andralanitra

A l'intérieur de la décharge, les camions pataugent dans la boue, juste en face de l'école primaire d'Akamasoa Andralanitra

IMG_7150Il est d’une urgence capitale de refaire les 400 derniers mètres avant d’arriver à la décharge, qui sont à l’heure actuelle impraticables. Depuis plusieurs semaines, des camions remplis d’ordure attendent des heures devant l’entrée de la décharge, avant de pouvoir déverser leur chargement, quand l’heure les presse de repartir dans l’autre sens, chercher les tonnes d’ordures qui ensevelissent la villeA l"intérieur de la décharge, les camions pataugent dans la boue, juste en face de l'école primaire d'Akamasoa Andralanitra.

Le simple bon sens dicte de refaire ce tronçon de route tout de suite, afin d’abord que les camionneurs ne cassent pas leur voiture et leurs ressorts, et ensuite qu’ils n’abîment pas les murs qui bordent la route, ces murs qui sont ceux de nos écoles. En début de semaine, un camion a ainsi détruit une dizaine de nos latrines après de malheureuses manÅ“uvres.

Les petits responsables sur place sont dépassés par les ordures, ils ne savent plus quoi faire et s’en remettent à leurs chefs, lesquels viennent rarement sur le terrain, et, depuis leurs bureaux en ville, ne peuvent voir ce désordre et ce chaos. Car une fois rentrés à  l’intérieur de la décharge, en effet, les camions pataugent dans 1/2 m de boue, perdant une nouvelle fois du temps, après l’attente, usant leurs pneus qui patinent, provoquant des bouchons. Et lorsqu’ils sont embourbés, il faut de nouveau attendre que les engins à chenilles les poussent par derrière pour les aider à sortir!

Nous avons écrit, le 5 janvier dernier, une lettre au directeur de la SAMVA (Service Autonome de Maintenance de la Ville d’Antananarivo), restée sans réponse jusqu’à ce jour. A plusieurs reprises, le père Pedro a dû, cette semaine, arrêter des camions de 15 tonnes qui roulaient à toute allure, levant des nuages de poussière sur la route, de telle façon qu’on ne voyait plus rien derrière eux, et cela se passait juste vers midi, alors même qu’un millier d’élèves sortaient des écoles. Il y a danger d’accident réel, et les jeunes sont obligés de respirer cette poussière pleine de saletés.

Père Pedro a dit à un de ces chauffeurs : « si ton enfant passait par ici, est-ce que tu soulèverais autant de poussière? irais-tu si vite? » Le chauffeur a reconnu que non. Le père lui a alors tendu une main,  acceptée par le chauffeur, et il a ajouté : « nous ne cherchons pas la bagarre avec vous, parce que nous savons que vous faites votre travail. Mais nous devons quand même respecter la vie et la dignité de ces milliers d’enfants, en ce lieu qui est la seule voie d’accès à leurs écoles. » Le chauffeur a acquiescé; une petite bataille était gagnée !

Quelques jours auparavant, un porte-char venait chercher un gros engin à chenilles de 13 tonnes. Mais avant d’atteindre sa cible, le porte-char a sans réfléchir traversé sur 100 m un tronçon de route goudronnée, ce qui a bien sûr considérablement abîmé ce petit pan de route encore en bon état. L’érosion a ensuite fait son travail : après une semaine de pluies, on constate déjà de grosses ornières, que nous avons nous-mêmes remplies de pierres de la carrière d’Akamasoa.

Nous ne cesserons jamais de rappeler aux responsables de la SAMVA, leur devoir de respecter la population d’Andralanitra et de bien gérer cette décharge qui devrait être fermée depuis longtemps, si l’on en croit toutes les promesses des anciens présidents de la République.

Nous nous rendons compte aussi dans quel état délabré se trouve la ville d’Antananarivo avec toutes ces ordures qui ne sont pas ramassées en temps voulu, ce qui devrait être fait si on ne veut pas créer des maladies contagieuses et graves qui feront beaucoup de victimes. C’est pour cela que nous ne manifestons pas davantage notre mécontentement avec des manifestations qui rassembleraient des milliers d’élèves et leurs parents. Nous croyons toujours qu’on peut s’entendre pour que le bien de tous et le bien public soient respectés, et surtout la santé et la dignité des enfants.

Vous pouvez vous rendre compte de vous mêmes, avec ces quelques photos, dans quelles conditions travaillent les camions de la voirie. Il est temps d’agir parce que l’urgence le commande.

 

 

Un lazariste revient après 21 ans !

Mercredi 13 janvier, nous avons eu la joie de retrouver le père Thomas Lunot, lazariste de la congrégation Saint Vincent de Paul, qui achève un séjour de quelques semaines à Madagascar. Sa dernière venue à Akamasoa remonte à 1995 ! Il a pu témoigner des changements qui ont eu lieu depuis.

« Le travail accompli est gigantesque, nous dit-il. La dernière fois que je suis venu, il n’y avait que des habitations éparses sur la colline. Beaucoup de maisons étaient encore en bois; on sentait la nature toute proche. »

« Aujourd’hui, c’est une vraie cité, avec toutes ces maisons de briques, ces rues, et cette organisation. Quel travail! C’est une preuve de l’existence de Dieu qu’il faudrait montrer à Aristote! »

C’est l’occasion aussi de parler des changements accomplis sur les personnes.

« On a du mal à imaginer, poursuit-il, que toutes ces personnes viennent de la rue et de la décharge. Ce qui se lit sur leurs visages, c’est la paix, la sérénité, la joie. »

Le père Lunot était venu accompagné du frère malgache Philibert, lazariste travaillant à Antananarivo. Nous avons eu la joie de partager ensemble le repas.

Voilà un beau témoignage en faveur du travail réalisé par Akamasoa et du combat pour la dignité humaine entamé il y a 27 ans !

Finale de football à Akamasoa !

 

 

Dimanche 10 janvier 2016, à 14h30, nous avons joué la finale de la coupe de Noël; 12 équipes y participaient ! Et parmi elles, on compte toujours des équipes de l’extérieur d’Akamasoa. Cette année, 2 équipes d’Akamasoa jouaient la finale, encadrées par 3 arbitres, qui sont nés et ont grandi à Akamasoa, ont ensuite été formés par la fédération nationale malgache et exercent désormais leurs services dans nos championnats internes.

Le match était d’une grande intensité, avec de la pugnacité de part et d’autre. Le score fut 1 à 1 et la coupe fut remportée aux penaltys par l’équipe de Mr Dolphe, en maillots argentins ! La rencontre s’est finie par des accolades fraternelles, et les quelques altercations du  match furent oubliées!

Maintenant nous préparons le grand tournoi pour la coupe du 26 juin, à laquelle participeront 20 équipes, dont plus de la moitié viennent d’Antananarivo.

Ce terrain, sis dans les collines de Bemasoandro, fait 1,5 hectare, est entièrement destiné aux sports : football, athlétisme, handball, rugby, basket… Depuis 4 ans

NOUS CHERCHONS UN SPONSOR

pour mettre une pelouse synthétique, qui ferait la joie des dizaines de milliers de jeunes qui aiment le sport. Vu la localisation de ce stade, on peut voir la moitié d’Antananarivo, l’air y est pur, l’endroit est vraiment superbe! C’est un lieu où beaucoup de personnes viennent se détendre en famille. Et Nous avons déjà construit une tribune pour quelques 3 000 personnes.

La partie est de la ville d’Antananarivo manque crûment de lieux de sport. Les nôtres sont toujours ouverts à toutes les bonnes volontés, à condition qu’on respecte la discipline demandée par Akamasoa, c’est-à-dire : l’amour du sport, le respect de l’autre, l’interdiction de s’insulter et d’insulter son adversaire, l’interdiction d’apporter des boissons alcooliques et de la drogue. Nous pensons en effet que le sport sert à développer ses propres capacités physiques, montrer ses qualités, et en même temps passer un moment joyeux et fraternel avec tous ceux qui aiment le sport.

Si nous nous sommes engagés autant dans le sport, c’est que nous avons 13 000 enfants, et pour un jeune, c’est un besoin de pouvoir pratiquer le sport de son choix, cela fait partie de sa formation humaine, c’est bon pour son corps, pour son mental et pour son esprit !

Vive le sport !

NOTE : Et cette année nous allons inaugurer un petit centre sportif à Bemasoandro! Ce sera l’occasion de reparler de ce lieu, photos à l’appui !

Baptêmes à AKAMASOA !

Chers amis  !

Voici les photos des baptêmes des 187 petits enfants à Akamasoa, ce dimanche 10 janvier !

C ‘était une très belle  fête et on  a vécu un moment d’une grande joie spirituelle !

Il y avait  8.000 fidèles présents !

Dimanche prochain nous allons faire un autre grand baptême de 210 petits enfants !

Nous avons une préparation des parents et  parrains d’ un mois et demi pour approfondir la foi et le sacrement du baptême !

Nous pouvons  dire que la foi est vivante, mais il ne faut pas s’endormir debout …!

Puissent tous ces enfants devenir des lumières pour notre  monde !

Le père  Albanao Passarotto, lazariste italien m’a aidé lors de cette cérémonie !

Ce missionnaire travaille à Madagascar depuis 49 ans !

Fraternellement !

P. Pedro

L’Ambassadeur de France à AKAMASOA

Jeudi 7 janvier, nous avons reçu la visite de Madame l’Ambassadeur de France à Madagascar. Récemment nommée à Madagascar, elle a rendu une visite de courtoisie à notre action humanitaire. Voici LA LETTRE que lui a adressée le Père Pedro après son passage dans notre centre d’Andralanitra, ainsi que QUELQUES PHOTOS.

Chère Madame l’Ambassadeur de France, Véronique VOULAND-ANEINI,

Un grand merci pour votre visite dans notre centre Akamasoa Andralanitra ! Nous étions très heureux de voir votre état d’esprit très ouvert et positif pour aider Madagascar. Votre venue signifie pour nous que vous vous intéressez aux projets de développement en faveur des plus pauvres qui marchent sur tout le territoire de Madagascar.

Ce que vous avez pu voir à Andralanitra, notre centre au bord de la décharge, n’est qu’une infime partie de ce que nous avons réalisé durant 27 ans. Mais c’était tout de même le lieu le plus inhumain que j’ai pu voir dans ma vie, à l’époque.

Aujourd’hui vous avez vous-même constaté que c’est un village paisible, accueillant, propre et fleuri. Mais les fleurs les plus belles, ce sont les enfants de nos écoles ; vous avez pu entrer dans une de nos salles de classes, et constater combien ces visages manifestent une grande beauté d’âme et une grande envie d’apprendre pour préparer leur avenir, un avenir meilleur. Votre passage dans cette classe, soyez sûre qu’il restera dans la mémoire de tous ces enfants !

Nous espérons que cette visite n’est que le début d’une bonne entente avec l’Ambassade de France, avec laquelle nous avons eu, dès le début d’Akamasoa, des relations fraternelles, authentiques et efficaces !

Père Pedro

NB : les photos qui suivent parlent de la visite cordiale et amicale de l’Ambassadeur de France à Akamasoa.

Premier entraînement de l’année !

Le dimanche 3 janvier 2016 au stade Saint Pierre AKAMASOA d’Andralanitra !

Le sport, école de la vie

A Akamasoa vu les milliers de jeunes, nous avons toujours encouragé le sport, autant pour les garçons que pour les filles. C’est pour cela que dans chaque centre Akamasoa il y a un terrain de basket, de football ou de mini-foot, et dans les centres plus importants même des pistes d’athlétisme. Ainsi, on fait des championnats de foot, avec des équipes en provenance de toute la ville d’Antananarivo. Des tournois de basket, avec des équipes de l’extérieur. On participe au championnat 2e division de rugby. On participe également aux meetings d’athlétisme nationaux. Et cette année nous avons eu la chance d’avoir un boxeur qui dans sa catégorie est devenu champion de Madagascar.

Il est vrai que pour les jeunes d’ici, acheter un ballon de foot ou de basket, c’est une chose souvent hors de portée. C’est pour cela que nous sommes toujours très heureux quand des visiteurs d’Akamasoa nous apportent un ballon de foot, de basket ou de rugby, du matériel sportif en général, car nous n’aurons jamais assez pour couvrir tous les besoins des 13.000 jeunes de l’Association, du matériel qu’à notre tour nous partageons dans tout le pays, dans la région de Fianarantsoa, Morondava et le Sud Est, Antolojanahary, toutes ces régions où nous sommes présents.

Dans notre Centre d’Andralanitra, nous avons écrit sur le mur ce proverbe : « un esprit sain dans un corps sain » (vatana salama, saina matsilo toe panahy mendrika).

Dans un pays où le degré de pauvreté est très important, les responsables de l’Etat oublient le sport, et ne créent pas de structures sportives, lesquelles sont pourtant aussi importantes que les structures éducatives et d’encadrement en général. Car le sport est une école de la vie.

 

 

Lettre ouverte au responsable de la décharge

déchargeLes pluies de saison et surtout le manque d’entretien des routes qui mènent à la décharge, entraînent depuis plusieurs semaines des fumées quotidiennes et des odeurs nauséabondes qui sont insupportables pour notre village d’Andralanitra, tout proche, et pour les 4.000 élèves qui étudient dans les écoles. En effet, l’accès à la décharge est difficile, la circulation des camions à l’intérieur, pratiquement impossible car les anciennes plateformes ont été détruites à cause de l’absence d’organisation et d’anticipation, ce qui fait que les ordures sont déversées sans ordre, à l’entrée, à proximité des écoles. Les camions attendent pendant ce temps des heures avant de pouvoir décharger leurs déchets. Nulle part ailleurs dans le monde les ordures sont déversées à l’entrée d’une décharge ! Quand on sait qu’avec un peu d’organisation et de bonne volonté, elles pourraient être déchargées au fond et au milieu de la décharge. Mais pas à la porte d’entrée ! C’est un problème qui ne devrait même pas exister. Mais devant la récurrence de cette situation, qui se produit chaque année, nous avons décidé une nouvelle fois d’écrire au responsable de la SAMVA (l’organisme en charge des ordures dans la ville) afin de remédier à ce problème. Profitant de la reprise des cours de la nouvelle année (la rentrée scolaire a eu lieu hier, mercredi 6 janvier), le Père Pedro a parlé devant les 4.000 élèves pour les encourager à continuer d’étudier et de s’engager pour préparer leur avenir. Ensuite, il a parlé aux parents d’élèves présents, ainsi qu’aux éducateurs, les incitant à se serrer les coudes pour défendre les droits qu’ont tous les citoyens de vivre dans un environnement sain. Les parents et les élèves ont tous répondu avec des hourras qu’ils sont prêts à défendre cet environnement propre et leur droit d’avoir un air propre autour de leurs écoles. Cette lettre, adressée au responsable de la SAMVA (Service Autonome de Maintenance de la Ville d’Antananarivo), a été lue devant toutes les personnes présentes, afin de leur faire savoir l’engagement et le but de notre demande.

Vous pouvez lire cette lettre ci-dessous :

 

Antananarivo, le 05 janvier 2016

Monsieur RATSIMBAZAFY Serge
DG SAMVA / Et Chef de Projet
Lot II A 78 U Bis AB
Soavimbahoaka – Antananarivo 101

 

Monsieur le Responsable Général,

Ce n’est pas la première fois que nous vous envoyons une lettre pour exposer le grave problème provoqué par le tas d’ordure qui grossit de façon anarchique, ici à Andralanitra, depuis déjà fort longtemps. Nous ne pensions pas qu’après le projet commun de l’AFD et de la COLAS, le même problème surviendrait une nouvelle fois.

Nous étions pourtant satisfaits de voir le travail accompli par ce projet, ainsi que les travaux d’assainissement réalisés autour de la décharge. Des progrès avaient été faits, il y avait un espoir, parce que les camions de la voirie pouvaient circuler à l’intérieur de la décharge ; en outre, derrière l’école d’Akamasoa où étudient 4.000 élèves, le terrain était propre, avec un parking et un espace vert.

Mais aujourd’hui nous constatons un vrai recul : la route qui mène à la décharge est impraticable, bouchée parce qu’il n’y a pas eu de travaux d’entretien, et que les complications qui surviennent chaque année à la saison des pluies n’ont pas été anticipées. Les ordures sont déchargées derrière l’école, ce qui ne respecte absolument pas les droits des hommes, et surtout des 4.000 élèves qui vivent dans le voisinage direct de ces ordures tout au long de leurs journées d’école. Il règne ici une odeur qui rend malade, une odeur irrespirable qui donne envie de vomir, fait tousser, donne des maux de tête, de ventre, d’estomac, provoque des diarrhées et attire une quantité de mouches incalculable.

Nous ne devrions pas avoir à vous supplier et à renouveler notre demande auprès de vous, car c’est votre responsabilité d’organiser et de mettre de l’ordre là où il faut, afin que les droits des enfants et des habitants alentour soient respectés. La vie est précieuse, la santé aussi ; on ne peut pas regarder sans rien faire ces choses là, et c’est pour cela que nous vous demandons, à vous Monsieur qui avez la responsabilité et l’autorité, de porter votre attention sur ce problème et de lui chercher une solution rapide.

Il est impensable que vous ne vous aperceviez pas des choses qui surviennent ici, toutes proches de vous, à Andralanitra, là où nous vivons.

Nous désirons trouver une solution appropriée et durable, afin d’éviter toute réaction du peuple qui sentirait sa dignité et ses droits bafoués.

Nous vous adressons nos sincères remerciements.

Les directrices des écoles                                                                  L’association Akamasoa
Primaire                      Collège                           Lycée
Raheriliny                   Razanadrasoa              Mme Mialy      Ravaoarivo            Père Pedro
Emmanueline              Sahondranirina                                   Marie Odette

 

Copie :

  • Monsieur le Maire d’Ambohimangakely
  • Madame le Maire d’Antananarivo Renivohitra
  • Madame la Ministre de l’Eau
  • Monsieur le Ministre de l’Environnement

Des prêtres français en visite à Akamasoa

Nous avons eu la joie de célébrer la messe du dimanche 3 janvier 2016, première messe de l’année, avec les pères Jean, de la paroisse de Bagnolet (Paris), et Gérard, qui a travaillé 10 ans à Madagascar, à Fenoarivo (sud est de l’île), et qui s’apprête à regagner la France.

Quelques jours plus tôt, le père Serge, de Blois, nous rendait aussi visite dans le quartier de Mangarivotra !